Cannes 2018 : le SPI, prêt à des compromis sur la chronologie des médias, veut signer avant l'été

Paris - Publié le mardi 15 mai 2018 à 13 h 11 - n° 257562

Le SPISPISyndicat des Producteurs Indépendants a organisé son premier point presse au Festival de Cannes, mardi 15 mai. L’occasion pour le syndicat de revenir sur quelques sujets d’actualité, mais surtout de rappeler sa volonté de parvenir à un accord sur une réforme de la chronologie des médias. S’il existe encore des points de débat avec le médiateur Dominique D’Hinnin, mandaté par Françoise Nyssen, le SPI estime qu’il est « absolument essentiel de montrer que la filière, en responsabilité, est capable de s’entendre » sur le sujet. Le syndicat a indiqué qu’il accepterait des compromis sur un certain nombre de choses pour pouvoir arriver à une signature d’un accord avant l'été. Sur la durée de l’exploitation en salles, le SPI se dit notamment favorable au maintien d’une fenêtre à 4 mois (sans dérogation à 3 mois), à la condition que les acteurs de l’exploitation s’engagent à être vertueux sur la programmation et sur l’exposition des œuvres. Le syndicat espère aussi que la commission de contrôle annoncé par le CNCCNCCentre national du cinéma et de l’image animée pourra être la garante du bon fonctionnement de ce dispositif.

Un « pic d’angoisse » des professionnels

Marie MasmonteilMarie Masmonteil, la présidente du SPI a fait part du « pic d’angoisse » éprouvé par les professionnels avec un déséquilibre croissant sur le financement des films et leur exposition en salle, lié aux usages qui changent et à « l’invasion de plateformes extracommunautaires » alors que le socle de financement du cinéma reste inchangé et que les investissements des chaînes diminuent. Le SPI espérait que ces nouveaux acteurs deviendraient des alternatives au financement du cinéma par les chaînes TV, mais constate que ça n’est pas le cas, citant l'étude récemment présentée par UniFrance, qui souligne que les films français représentent 1,9 % de l’offre de films sur Netflix en Europe. Le syndicat souhaite « réfléchir avec l’ensemble de la filière pour construire de la façon la plus volontariste et intelligente possible les éléments pour préserver la création dans ce monde incertain », a ajouté Marie Masmonteil. Sur la question des chaînes TV, le SPI regrette l’absence d’investissements de la part des chaînes de la TNT, et demande que soit « substantiellement » abaissé le seuil de déclenchement des obligations d’investissement, aujourd’hui à 150 millions d’euros, un cap « que n’atteindront jamais ces chaînes ». Concernant les plateformes, le syndicat considère qu’il faut une place pour la SVODSVODvidéo à la demande par abonnement vertueuse, mais qu’il ne faut pas déséquilibrer l'écosystème, car son existence est « encore virtuelle ». C’est pourquoi le syndicat propose de « réfléchir pendant trois ans » et de se donner la possibilité d’une « clause de revoyure » en fonction de ce qu’il se passe.

Garder la dimension culturelle comme priorité

Enfin, le syndicat appelle à ce que les financements publics gardent comme priorité la dimension culturelle et non l’aspect économique. Il estime qu’il pourrait être intéressant de développer des indicateurs avec le CNC avec un angle différent de l'économie comme les parcours en festival ou l'égalité entre les femmes et les hommes par exemple. Il suggère par ailleurs que soit réalisée une étude sur le tissu de producteurs, face à un phénomène de concentration des œuvres et de ceux qui les fabriquent.

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